Le carrelage froid sous mes pieds, le courant d'air qui caresse ma peau et le bruit de l'eau qui tombe.
J'avais besoin d'une douche, non pas que je soit particulièrement sale mais il fallait que je fasse une pause et que tombe ce masque souriant, juste quelques minutes ... Le visage martelé par l'eau, les yeux clos, je réfléchis ....
En si peu de temps, j'ai accumulé trop de choses, fais trop d'erreurs ... Lui ... Eux ... Mes idées noires ... Ce masque souriant que j'arbore sans cesse ...
L'eau coule, elle me donne l'impression que des mains redessinent mon corps ...
Je n'aurait peut être pas dû dire ces que j'ai dit ce matin avant de franchir la porte de cette chambre où je serai bien resté ... Non pas parce que j'éprouve un quelconque sentiment envers celui qui venait de partager ma nuit, mais simplement parce qu'avec lui je savais au moins à quoi m'en tenir ... Chacun avait assouvis un désirs passager, une envie primale ...
Elle ruisselle sous mes yeux comme pour me faire des larmes qui je ne laisseraient pas couler ....
" C'est la seule chose que je sache faire correctement, sourire et mentir " ... Ces mots étaient venu si naturellement que j'avis l'impression de les avoir toujours connu, comme une vérité générale ... Et pourtant, comme si s'était la chose la plus simple du monde, sans aucun sentiments ou même une notion de reproche j'ai eu pour unique réponse " Et si tu arrêtais de mentir " ...
La tête baissée, les cheveux mouillés encadrant mon visage et se collant sur mes joues, ses mains sur le carrelage mural ...
Arrêter de mentir ... C'était si simple à dire mais si dur à faire, le mensonge est tellement doux qu'une fois qu'on y a goûter on s'y complait bien malgré soit ... Arrêter de mentir, signifiait simplement arrêter de sourire, donner du soucis, perdre ce petit quelque chose qui faisait qu'au fond je suis simplement Simy ... "Avec ou sans, Simy c'est Simy " ... C'est faux, au fond le vrai sens de cette phrase c'est que je suis simplement une femme ... Tout ce que tu voulais c'était ça ... Moi je voulais me vengé, me vengé d'une indifférence méritée ...
Ma main se pose sur le robinet de l'eau chaude et le tourne progressivement, la buée envahis la pièce ... elle recouvrira le miroir ... tant mieux ...
Combien de temps je vais trébuché sur les même erreurs ? Combien de fois vais-je sourire alors qu'au fond je pleure ? Combien de temps faudra-t-il pourquoi que tous ses sentiments disparaissent ? Pourquoi puis-je pas simplement gommer ce qu'il ne me plait pas ...? ... Ces sentiments me tuent, à petit feu, ils me consument ...
La vapeur augmente la température, j'ai la tête qui tourne, l'eau presque bouillante me brûle le dos ... Pourtant je reste ...
Je veux que ses sentiments s'en aillent ! Ce ne sont pas les miens ! Qu'ils partent, je n'en veux pas, cette hésitation ... cette souffrance ... pour qui ? Pour quoi ? Je ne veux pas de tout ça même si cela doit signifier que je doit tout abandonner ... la joie, le plaisir ... l'amour ... mais ce n'est qu'une douce auquel croit les enfants ... Quitter une illusion, une chimère ...
Je coupe la douche ... mes pieds entrent à nouveau en contact avec ce sol si froid, ma tête me fais mal, le vent malin joue avec les cheveux humides.
Je ne vais plus rien ressentir, les sentiments sont partit dans ce siphon à jamais perdu dans le seul endroit où ils méritent d'être. Unique vestige de leur passage dans le corps, une expression, un masque, un sourire ... C'est la seule chose qui me restera afin de ne pas oublier. Ce mal de tête, ce froid sous mes pieds, cette douleur dans ma poitrine ....
Je me mets face au miroir embué ... Lentement, je passe ma main sur cette paroi révélatrice.
Face à l'apparition qui me fixe, seul trois mots parviennent à franchir mes lèvres.
" Qui est-tu ? "
" Qui est-tu ? "
