Londres, 1846
Les ruelles sombres de cette belle ville ne sont pas sures pour tout le monde. Cette nuit là, la brume des quais avait gagnée bons nombres de ces impasses sinueuses. Un gentilhomme d'une vingtaine d'années y entraîna sa jeune compagne qui ne devait pas avoir atteint la majorité. Les intentions du jeune homme étaient bien obscures mais elle ne semblait pas apeurée, bien au contraire, pour une demoiselle, ses aînées l'auraient trouvés bien trop entreprenante de le suivre ainsi à une heure aussi avancé du soir, et elles l'auraient sûrement prise pour une de ses catins qui peuplent les trottoirs londoniens. L'enfant se laissa donc entraîner par l'homme, marchant dans le sillage de ce parfum si raffiné, celui que dégagent ses hommes des beaux quartiers. Arrivée sur le bord des quais, l'élégant passa sa main gantée sur la joue pâle de la demoiselle, la fixant de ses yeux de jade.
- Angélique, vous êtes sure de vouloir m'accompagnée ?
- Sir Ilian, c'est de mon plein gré que je vous ai suivi. Ne me faites pas languir d'avantage. J'ai tout quitté pour vous.
- Angélique, ma douce angélique... Comprenez-vous qu'une fois fait, les choses ne pourront être défaites... ?
- Je le sais, Sir... Et j'ai choisit cette vie.
Le dit Sir Ilian, sortit d'une poche de son veston une petite fiole remplie d'un liquide rouge rubis et il l'a tendit à Angélique. Celle si avec un air déterminé, la pris et en avala le contenu. Quelques instant plus tard, une légère brise se leva et vint emportée la vie que la jeune fille venait d'abandonné.
Lieu inconnu, une semaine après...
[ « Vous souvenez vous de votre premier battement de c½ur ? Non, bien sûr que non. A cette époque, vous n'aviez même conscience de votre existence. S'il l'on devait revivre, comment décririons nous ce premier battement ? D'après vous que ressentons ? Moi je peux vous le dire ... » ]
- Cela fait déjà une semaine monsieur...
- Je sais. Préparez ce qu'il faut.
Dans une pièce circulaire, un homme parlait avec trois personnes parfaitement identiques, des triplés certainement. Après s'être incliné, les trois domestiques quittèrent la salle par l'unique porte qui s'y trouvait. Les lumières étaient tamisées, voir même sombre mais on voyait quand même chaque élément distinctement. Le mobilier ne semblait pas être une des caractéristique primordiale de cette pièce qui avait pour unique « meuble » un sorte de table bois qui ressemblait d'avantage à un fond de cercueil qu'a une véritable table. En effet le dessus était recouvert d'un tissu proche du satin, signe d'une grande richesse à cette époque. Sur cette « table » reposait le corps d'une jeune fille d'à peine 18ans qui semblait plongé dans un sommeil léthargique. Aucun signe vital, sa poitrine restait figé dans une immobilité morbide et ce malgré les couleurs chaude qu'affichait son visage, encadré par une chevelure blond vénitien. Impassible à ses cotés, Ilian semblait patienté, dans l'attente de quelque chose.
Soudain, la jeune fille ouvrit les yeux d'un coup, et d'un même élan, ses fonctions reprirent. Son c½ur se contracta, ses poumons se remplirent d'air ; chaque battement, chaque souffle était une torture. Face à sa douleur, un de ses mains se porta contre sa poitrine, au niveau de son c½ur, l'autre serrant l'unique étoffe de tissu qui la couvrait.
Où était-elle ? Qui était elle ? Pourquoi était-elle nue ? Pourquoi chacune de ses inspirations étaient si pénibles ?
Autant de question qui restaient pour l'instant sans réponses alors qu'un mot, un nom résonnait seul dans sa tête : Angélique. Serais-ce son prénom ?
Plus le temps passait, plus la souffrance se taisait, son souffle se stabilisa pour devenir plus naturel, et la main qui s'était crispée sous les affres de son réveil, se détendit. Pour la première fois, depuis le moment où elle avait ouvert les yeux, elle considéra l'endroit où elle se trouvait. Son regard finit par se poser sur la seule personne, à part elle, présente dans cette pièce. Constatant que c'était un homme, et dans un élan de pudeur, elle serra autour d'elle l'unique tissu qui la recouvrait. Celui-ci la couvait presque du regard, un air placide siégeant sur son visage. Ses lèvres bougèrent, et il ne dit qu'un mot, d'une voix grave et douce à la fois : Angélique. La jeune fille le regarda quelques instant, et comme un enfant imite ses parents pour apprendre, elle répéta ce mot, le seul dont elle se souvenait. Son sens s'éclaira soudain à ses yeux : son nom, c'était tout simplement comme ça qu'elle s'appelait. Mais lui qui était-il ?
Elle écouta avec autant d'attention qu'elle était capable de fournir les paroles de l'inconnu. Plus il avance dans son récit, plus les souvenirs lui reviennent, tout d'abord fragmenter dans le désordre puis petit à petit les images s'ordonnent, les visages prennent des noms... Soudain, il fut interrompu par un bruit sourd de coup et la porte, l'unique porte de la pièce s'ouvrit en grinçant très légèrement. Trois personnes qui se ressemblaient de manière presque surnaturelle rentrèrent et s'entretenir un instant avec Ilian, car c'est ainsi que s'appelait cet homme dont elle s souvenait a présent, après s'être très légèrement incliné. Puis près un cour instant, ils se dirigèrent vers angélique, qui resserra par reflex l'étoffe sur elle. Après lui avoir fourni des vêtements, ils l'invitèrent à les suivre. D'ici plusieurs décennies, Angélique deviendrait une ombre avec ses avantages... comme ses inconvénients.
Même endroit, 1980
Ilian regarde par la fenêtre Angélique qui s'entraîne comme à son habitude. Un jeune femme brune d'une grande beauté s'approche alors doucement, son ventre légèrement rond d'une grossesse naissante, et l'enlace au niveau de la taille. Ses yeux myosotis sont rougie d'avoir pleurer. Son visage affiche une tristesse étrangement animée d'un sourire, elle prononça quelques paroles que seul Ilian pu entendre, et le visage de celui-ci se voila de la même tristesse. Sans q u'il est eu le moindre mot à prononcé, une étrange personne aux yeux d'un noir pétrole apparu. Elle ne semblait pas humaine et ne l'était pas, et bien qu'elle ne prononça aucun mot, Ilian lui répondit d'un ton grave.
- Lil'... Tu devras l'ombre de mon fils qui naîtra au début de l'année prochaine...
La dénommée Lil' posa le genoux a terre dans un geste de respect envers Ilian et disparut comme elle était venu. Ilian se retourna vers la jeune femme brune qui n'était autre que sa propre femme et l'étreignis pour la réconforter. Le destin s'acharnerait donc sur la deuxième née, comme il avait été dit... Le regard attristé d'Ilian se posa sur Angélique qui était toujours dehors malgré la pluie qui s'était mise à tomber, ses lèvres articulèrent des mots que sa voix semblait refuser de porter aux oreilles de quiconque...
Même endroit, 1986
Akuma Illyria, celle qui sera la dernière née de cette famille, pousse son premier cri, inspire sa première bouffée d'air... En même temps dans une pièce toute proche, quelqu'un arrive. Un homme aux yeux de jade, accueille la nouvelle arrivante qui ne doit avoir même pas vingt ans.
- Angélique, te voilà enfin.
- Ilian, appelez-moi Angie, s'il vous plait.
- Bien Angie. Dans la pièce à coté, ma fille vient de naître. Avant l'age de 5ans, elle verra sa mère mourir et subira bien des épreuves...
- Bien, j'accepte.
- Tu en es sure ?
- Vous me l'aviez dis. « Un jours viendra, tu deviendras l'ombre de la personne qui deviendra chère a mes yeux des ses premiers instants ». Je suis prête.
Akuma Illyria reçu son ombre, la personne qui allait veiller sur elle-même contre son gré, qui allait la protéger et la soutenir dans les moments difficiles. Cette ombre était Angélique.
[ Musique qui m'a inspirée = "Dans les rues de Londres" de Mylène Farmer ]
![[One-shoot] L'histoire d'une ombre...](http://6e.img.v4.skyrock.net/6e5/simcahikari/pics/596836657_small.jpg)
![[One-shoot] Folie quand tu nous tiens...](http://6e.img.v4.skyrock.net/6e5/simcahikari/pics/599790712_small.jpg)


